La douleur n’a pas toujours besoin de crier pour traverser les murs, parfois, un piano suffit. Sur « Le Mal de mère », Nami Nova pose une chanson française à texte d’une sobriété bouleversante, où chaque mot est choisi comme on choisit ses dernières paroles. Le piano, mélancolique et précis, ouvre l’espace avant que les cordes ne viennent lentement alourdir l’air, accentuant ce portrait de femme qui a tout donné sans jamais compter. L’exil, la guerre, le cancer, la vieillesse et l’attente des petits-enfants qu’elle ne verra jamais : le texte porte tout ça avec une dignité qui serre la gorge. « Je sais bien que le temps est traître » résume en une ligne ce que beaucoup n’osent pas mettre en mots. Le jeu de mots du titre lui-même est un chef-d’œuvre discret : le mal de mer comme métaphore d’une douleur profonde, intime, jamais tout à fait apaisée. This is Riviera ne présente pas des voix au hasard, et ce titre en est la preuve la plus sincère.
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« Je sais bien que le temps est traître » Nami Nova
Un seul artiste, mille intensités
Ce qui rend Nami Nova inclassable, c’est précisément cette capacité à traverser les genres sans jamais perdre son identité. Celui qui construit des productions electro-pop architecturées, denses et nocturnes, est le même qui pose ici une chanson nue, portée par un piano et des cordes, avec une maturité émotionnelle rare. Nami Nova n’a rien à démontrer à personne : son univers singulier, son exigence créative et sa discographie parlent pour lui. Un créateur qui ne connaît pas l’inertie, toujours en mouvement, toujours en construction. Après « Le Mal de mère », plusieurs titres sont à venir, ainsi que l’album « Nuages Bas » en préparation. Ne perdez pas Nami Nova de vue ,la suite risque de vous prendre par surprise.
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