Il y a des chansons qui ne font pas que se chanter, elles accusent, elles témoignent, elles refusent d’oublier. Albert Delchambre l’a compris mieux que quiconque en signant « KORA CITY BLUES », un blues-rock alternatif francophone tendu comme un poing levé. Guitares saturées, rythme brut, texte qui ne mâche pas ses mots : le portrait d’un magasinier mis à la porte, d’une mère seule livrée à elle-même, d’un homme de 55 ans que le marché du travail a décidé de ne plus regarder en face. Derrière les rayons désertés et les bilans trimestriels, Delchambre rappelle que le capital a un visage, et qu’il est rarement celui des perdants. « Des vies jetées pour des bilans. Le capital tue lentement » : la phrase claque, elle reste. Le clip, lui, plonge dans une esthétique sombre et charnelle qui mérite qu’on lui consacre quelques minutes d’attention, et quelques minutes de silence après. À découvrir absolument grâce à This is Riviera.

« Des vies jetées pour des bilans. Le capital tue lentement » Albert Delchambre

KORA CITY BLUES ....

Six décennies de combat, et ce n’est pas fini

Avant les guitares saturées, il y avait déjà une plume affûtée. Né Ely Tchenko, d’origine ukrainienne, Albert Delchambre compose dès les années 60 avec un flair mélodique qui ne tarde pas à attirer l’attention. Sa chanson « Frédérica » est reprise par Nicoletta sous le titre « La Musique », sans que son nom ne figure nulle part au générique, une injustice fondatrice, celle d’un système qui broie sans se retourner. Il en tirera des leçons, et une énergie de résistance qui ne l’a jamais quitté.

Sous son nom de scène, il enchaîne les albums, « Rumeurs », « Acte III », « Hors Format », chacun confirmant un univers inclassable, imperméable aux modes. « S’en dessus dessous » lui vaut le Prix des variétés de la SABAM, dont il a lui-même été administrateur. Car Delchambre ne se contente pas d’écrire : il s’engage, milite pour la reconnaissance du statut des artistes en Belgique, dans un pays où la notion d’intermittence du spectacle reste encore floue dans les textes juridiques. Un combat de fond, mené en coulisses avec autant de conviction que sur scène.

Aujourd’hui, sa chaîne YouTube s’anime régulièrement de nouveaux titres, preuve d’une créativité qui n’a pas pris une ride après six décennies de métier. « KORA CITY BLUES » y cumule près de 180 000 vues, pas un hasard pour une chanson qui parle à ceux que personne n’écoute vraiment. Tendez l’oreille : Albert Delchambre n’a pas dit son dernier mot, et franchement, on lui en est reconnaissants.

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Passionnée de rédaction musicale, je suis persuadée que la musique est ce lien universel qui rassemble tout le monde. Pleine de curiosité, avec ma plume sincère, je fais découvrir des talents émergents, toujours avec un zeste de fraîcheur et de profondeur.

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