Une clameur collective traverse l’air comme une bannière levée au vent : ABAL transforme la colère en chant, la mémoire en vibration. Avec « Fau pas se laissar far », l’ensemble vocal occitan sculpte une polyphonie dense où six voix et un percussionniste avancent au même pas, serrés, déterminés. La langue d’Oc retrouve ici une modernité ardente, portée par des battements qui rappellent autant le cœur que le pavé. Le morceau ne se contente pas d’émouvoir, il interpelle : inégalités persistantes, rapports de domination, mécanique froide d’un système qui divise pour mieux régner. La musique devient rassemblement, presque procession, et le clip, réalisé par Gaspard MONJAUZE aux Usines de Ligugé, prolonge ce souffle en mettant en scène une manifestation habitée, pancartes levées, regards droits. Une œuvre qui ne murmure pas, qui affirme, et qui rappelle que la résistance peut aussi être belle, une proposition que met en lumière This is Riviera.
Voix en commun, trajectoire singulière
Sans s’enfermer dans les codes figés, ABAL s’impose comme un laboratoire vocal où la polyphonie occitane dialogue avec l’époque. Le groupe compose à partir de poèmes traditionnels ou de textes personnels, tissant un lien direct entre héritage et présent. Leur EP cinq titres « ABAL », sorti le 5 mai 2024, en est une preuve éclatante : un projet cohérent, habité, où chaque piste semble pensée comme un chapitre d’un même récit sonore, à la fois rugueux et profondément humain. Après une année 2025 passée sur les routes, à défendre ces chants sur scène, l’ensemble confirme une dynamique solide et une capacité rare à fédérer des publics variés autour d’une langue et d’un propos universels. Pour plonger davantage dans cet univers, un détour par leur site officiel s’impose. Et autant le dire clairement : suivez attentivement ABAL, car l’année 2026 vient à peine de commencer et leur voix n’a manifestement pas fini de résonner.
– – –
Rejoindre ABAL sur les réseaux…




