Il vient d’être condamné par la justice. La décision tombe le mardi 2 juin 2026. Le mercredi, il repart en guerre. Booba — de son vrai nom Elie Yaffa — est cliniquement incapable de se tenir tranquille, et les derniers jours l’ont prouvé de façon spectaculaire.
La condamnation, d’abord
Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict ce mardi 2 juin : trois mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende pour cyberharcèlement et injures racistes envers Linh-Lan Dao, journaliste à France Télévisions. Dans un second dossier jugé à la même audience, 20 000 euros d’amende supplémentaires pour injure raciale envers le chroniqueur Tristan Mendès-France, qui avait eu le tort de prendre la défense de la journaliste. Total de la note : 50 000 euros d’amendes, plus 4 000 euros de dommages-intérêts.
L’origine de l’affaire ? En 2024, Linh-Lan Dao publie un fact-check sur des théories complotistes de Booba liant les vaccins Covid à la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Sa réponse : une avalanche de publications devant ses six millions d’abonnés. Le tribunal a tranché sans ambiguïté, estimant selon Franceinfo que Booba « ne pouvait pas ignorer qu’une meute serait déclenchée » après ses messages, reconnaissant ainsi sa « responsabilité en tant que leader d’une communauté. » Son avocate a annoncé faire appel.
Aya Nakamura, cible numéro un
Mais c’est son acharnement contre Aya Nakamura qui fait le plus parler en ce moment. Depuis fin mai, le Duc a publié une story Instagram particulièrement virulente dans laquelle il la traite de « vieille nymphomane qui s’est tapé tout le rap français. » Des propos qui ont provoqué une vague d’indignation, beaucoup y voyant une attaque sexiste gratuite contre une femme qui, rappelons-le, remplit le Stade de France trois soirs de suite.
Et le pire, c’est qu’il ne s’arrête pas là. Sur X, il va jusqu’à évoquer les violences conjugales qu’elle a subies de Niska : « C’est ça qu’y t’a dit Niska avant de te mettre une patate dans l’œil… » Utiliser le traumatisme d’une victime de violences comme munition dans un clash — difficile de tomber plus bas.
Pourtant Aya n’a pas répondu. Pas un mot. Elle était trop occupée à vendre ses trois dates au Stade de France en quelques heures.
Un homme que rien n’arrête
Ce qui est fascinant avec Booba, c’est que les procès ne semblent avoir aucun effet dissuasif. L’affaire Linh-Lan Dao n’est pas un cas isolé : depuis 2022, il est aussi dans le collimateur de la justice pour son harcèlement envers Magali Berdah, la fondatrice de l’agence d’influence Shauna Events. En février 2026, le parquet de Paris a requis son renvoi en correctionnelle pour un harcèlement ayant duré de mai 2022 à juin 2025. Un nouveau procès en perspective, donc.
Entre-temps, il a aussi été placé en garde à vue en octobre 2025 suite à une plainte de Gims et sa compagne Demdem pour cyberharcèlement. Kaaris, Gazo, Vald, Hanouna, Mbappé… La liste de ses cibles ressemble à un Who’s Who du showbiz français.
Pourquoi il ne s’arrête pas ?
La réponse est peut-être simple : ça marche. Chaque attaque génère des articles, des millions de vues, des débats. Booba a construit une identité entière autour du clash, et sa communauté — qu’il appelle lui-même ses « pirates » — amplifie chaque publication. La justice a beau le reconnaître comme « leader responsable » de cette meute numérique, lui semble y voir une médaille plutôt qu’une condamnation.
Condamné le mardi. En roue libre le mercredi. Le Duc ne recharge pas son arme — elle ne se vide jamais.



